L’outsourcing IT (ou l’eSourcing), connait depuis les années 90 un formidable essor. Comme dans d’autre industrie cet essor c’est accompagné de l’émergence d’un certain nombre de référentiels, normes et standards que nous nous proposons d’analyser ici. Le but n'est pas d’analyser chaque référentiel en détail mais de voir quelle est l'influence de ces derniers sur les activités d’eSourcing.
Interopérabilité et industrialisation facilitent l'externalisation
Un exemple intéressant à analyser qui fait l’actualité de ces derniers mois est l’émergence de normes autour du Cloud.
Un des freins pour la généralisation du Cloud est le manque de standards. Les entreprises rechignent à externaliser leur processus métier (BPO) en mode Cloud sans garantie de pouvoir assurer une réversibilité de l’opération. C’est l’une des raisons sous-jacentes aux foisonnement des annonces par des organisations telles que le DMTF [source] ou l’IEE [sources] sur la publication prochaine de nouvelles normes d'interopérabilité ou de sécurité liées au Cloud.
D’autres exemple de ce type de standards sont l’ITIL [source] pour les processus de support, utilisé par les Help Desk ou autre Centres d’Appels ; CMMi [source] pour la fabrication de logiciels dans l’AMS ; ou encore Tiers III [source] pour les Data Center ou entrepôt de données, voir dans le domaine financier SAS 70 (Statement on Auditing Standards no.70) ou son future remplaçant l’ISAE 3402 pour la conformité à Sarbanes-Oxley [source]… Tous ont facilité la généralisation des pratiques d’outsourcing en normalisant les processus de conception, industrialisant la fabrication et l’intégration ainsi que les processus de support. La plus grande maitrise des activités devant être sourcées (capacité à les décrire, en mesurer la performance, etc ….) a augmenter la capacité d’externalisation de ces activités. Il est en effet bien plus facile d’externaliser des activités normées, industrialisées que des processus non maîtrisés ou ayant des modalités de mises en œuvre trop spécifiques à une organisation et donc difficilement transposables sans un effort important.
La maîtrise d’un référentiel de ce type est devenu un prérequis incontournable pour tous fournisseurs désirant se placer sur le marché de l’outsourcing. Il permet de sécuriser le client sur la capacité du fournisseur à reprendre dans de bonne condition les activités concernées et de faite il est souvent imposé dans les Appels d'Offre. Son usage par le client quand à lui facilitera le transfert éventuel d’activités vers un fournisseur ou sa reprise en interne.
Assurer un pilotage des activités sourcées, aligné avec les enjeux de l’entreprise
Au-delà des activités sourcées, il faut aussi être capable de maîtriser le processus d'outsouring en tant que tel. Dans ce domaine un référentiel est devenu incontournable sur le marché de l’outsourcing, il s’agit d’eSCM [source]. Ce référentiel est apparu aux débuts des années 2000. Porté par l’ITsqc de l’université de Carnegie Mellon et un consortium d’entreprises. Il a donc accompagné l’émergence d’une nouvelle forme d’externalisation aujourd’hui devenu dominant : le Multisourcing. Cette forme d’organisation impose des durées de renouvellement plus cours (4 ans en moyenne contre 10 pour les contrats globaux d’externalisation), et surtout un pilotage transverse des activités sourcées.
Audela de la richesse de se référentiel (couverture de l’ensemble du cycle de vie d’une opération de sourcing, activités IT ainsi que métier/BPO, opérations d’externalisation mais aussi « sourcées » en interne, vue client et fournisseur...) un des apports intéressants de ce référentiel est de relier l’opération de sourcing à la stratégie de l’entreprise par le biais d’une stratégie et politique de sourcing. La mise en place de ce type de politique [source] est devenu récemment un sujet de préoccupation important pour toutes les organisations que nous rencontrons.
Malgré tout le référentiel a reçu un accueil mitigé. La version dédiée aux fournisseurs a eu quelques échos auprès des nouveaux entrants sur les marchés de l’offshore notamment en Inde. Mais aucun organisme client n’a entamé de certification. Il est cependant de plus en plus utilisé comme cadre de référence pour bon nombre d’entreprise réfléchissant à la standardisation de leur processus de sourcing. En France il est porté par une l’association AE-SCM [source] qui remporte un certain succès.
Dans le même domaine on trouve aussi IAOP (International Association of Outsourcing Professionals) [source] une association de professionnels des métiers de l’outsourcing. Celle ci propose un recueil de bonnes pratiques dénommé “Outsourcing Professional Body of Knowledge” (OPBOK) qui est à priori compatible avec l’eSCM. Les deux organisations ayant singé un accord pour la promotion réciproque de leur référentiels [source].
Le monde de l'Outsourcing IT est un monde en pleine mutation que ce soit en termes de modèle, de processus et d'organisation. Plus généralement l'industrie de l'IT reste une industrie jeune toujours à la recherche de plus d'industrialisation et de standardisation. Les référentiels, normes et standards continueront donc de jouer un rôle important dans les opération d'outsourcing tout en gardant à l'esprit que ce ne sont que des outils et non un but en soi.
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